Je n’ai pas de souvenirs d’enfance, j’oublie souvent, j’oublie vite, très vite. Alors je m’entoure d’objets, de photos, de documents de dessins, de toutes formes d’objets et de traces qui me permettrait de reconvoquer des temps ou des moments.

Ce temps traversé et traduit à travers des bribes et des épisodes disparates d’objets fragmentés, isolés sont des traces que le passés a imprimés dans une partie de ma mémoire.

« Ce qui reste » ne renvoie pas à des grands moments ou à des grands lieux, ce qui compte dans « ce qui reste » c’est cette tentative d’énumération d’une temporalité où je dénombre, j’inventaire des instants vécus, je collecte, je classe, j’énumére et je rapproche autour de thème commun comme l’enfance, adolescence, les voyages, de dates, de journées

Les moments sollicités dans « ce qui reste » demeurent isolés et séparés des uns des autres mais parfois, je provoque un télescopage entre des instants de vie évoqués par une tentative de rapprochement de moments distincts et séparés afin à travers une combinaison et d’association de texte, de dessins de photos.

Chaque souvenir n’est jamais isolé mais s’inscrit toujours dans une structure sérielle, en association avec d’autres souvenirs. A l’instar des lieux, les objets comme le temps en appel un autre et un autre, jusqu’à formé une suite titanique de fragment de vie. Il n’y a aucun rapport de cause à effet ni de déterminant réciproque. Le souvenir et l’histoire n’existe que dans la mise en relation entre les objets et les absences, les non-dits et les oublis.

Les souvenirs de « ce qui reste » ne sont pas vraiment à retrouver mais plutôt à reconstituer, à recomposer et parfois ils sont des leurres, des artifices ou le produit d’une ruse.